Rapport Financier Semestriel 2025

1.2 Environnement macro-économique

1. Rapport semestriel d'activité

1.2 Environnement macro-économique

1.2 ENVIRONNEMENT MACRO-ÉCONOMIQUE

La conjoncture économique du second trimestre 2025 a été placée sous le signe de la politique : les annonces successives de M. Trump aux États-Unis sur le sujet des droits de douane, les plans d’investissement (en Europe pour la défense et les infrastructures), et le plan de relance de la consommation en Chine. Au Proche-Orient, les guerres d’Israël contre le Hamas en Palestine, et contre l’Iran, ont également marqué ce second trimestre 2025, notamment en suscitant de la volatilité sur les marchés pétroliers. La conjoncture économique se dégrade mais demeure finalement relativement stationnaire. Les évènements politiques ont profondément perturbé la séquence des statistiques, et il faudra attendre encore un ou deux trimestres pour mesurer l’impact exact du début du second mandat du président Trump.

Du côté de la sphère financière, les politiques monétaires demeurent restrictives aux États-Unis, alors que la BCE a poursuivi la baisse de ses taux directeurs. Partout dans le monde, l’inflation semble ne plus être un sujet d’inquiétude, alors qu’elle demeure au-delà des objectifs des banques centrales, sauf en Zone Euro. A Wall Street et d’une façon générale sur les marchés d’actions, un « trou d’air » observé début avril a été suivi par une forte remontée, qui démontre l’optimisme des acteurs de marché. Il tranche avec l’attentisme qui prévaut dans la sphère réelle.

Aux États-Unis, la croissance de PIB du second trimestre 2025 est attendue en hausse de +1,7 % (en rythme annuel), soit un ralentissement versus le 1er trimestre (+2 %). Pour rappel, la croissance séquentielle trimestrielle du PIB du 1er trimestre a été révisée à -0,5 % récemment, essentiellement en raison des baisses de dépenses publiques et de la hausse des importations, en anticipation de la mise en place de droits de douane en avril. La confiance du consommateur mesurée par le Conference Board ou l’Université du Michigan, a fortement baissé, en raison notamment des licenciements très médiatisés de fonctionnaires. Globalement, la consommation demeure résiliente, en raison de la baisse de l’inflation. Le taux de chômage de 4,1 % est toujours bas, et les créations d’emplois, supérieures aux attentes, montrent le dynamisme du marché du travail. Les prévisions de croissance du PIB pour l’année 2025 sont actuellement de +1,5 %, après +2,8 % en 2024, et ont été fortement revues à la baisse par les grands organismes internationaux comme le FMI ou l’OCDE. Les acteurs de l’économie sont encore dans l’incertitude en ce qui concerne les droits de douane : on sait qu’une forte hausse des droits de douanes sur les produits importés, devrait réduire la croissance des USA de 0,5 % à 1 %, et augmenter l’inflation de 1,5 % à 2 %, selon la moyenne des estimations de plusieurs conjoncturistes. Au terme du second trimestre, l’incertitude demeure grande sur ce sujet. Dans la mesure où son objectif d’inflation est de 2 %, la Banque Centrale a continué sa pause dans son processus de baisse de taux, qui restent inchangés depuis la dernière baisse de 0,25 % en décembre 2024. Ils demeurent dans une fourchette comprise entre 4,25 % et 4,5 %. Le dollar a fortement baissé versus l’euro et les principales monnaies, ce qui constitue une bonne nouvelle pour les entreprises exportatrices.

En zone euro, la situation globale de stagnation continue : le PIB devrait stagner au second trimestre 2025. Des divergences notables marquent les différents pays de la zone. En Allemagne, l’élection de Fredrich Merz, début mai, a mis un terme à une période d’incertitude politique. Le nouveau Chancelier a réussi à faire lever le frein constitutionnel au déficit public, et à faire voter le principe d’une forte hausse des dépenses militaires. La confirmation de la fin progressive du « parapluie militaire » des États-Unis induit cette forte hausse des dépenses d’investissement qui devraient favoriser la croissance de l’Allemagne et de ses partenaires européens dès 2026. Pour le second trimestre 2025, le consensus des économistes attend une croissance du PIB de +0,3 %, ce qui serait la plus forte croissance trimestrielle annualisée observée depuis le dernier trimestre 2022. En France, le PIB devrait progresser de +0,5 % au second trimestre, ce qui constitue un léger ralentissement par rapport au 1er trimestre (+ 0,6 %), et une tendance opposée à la légère accélération de la croissance en Allemagne. Les dépenses des ménages ont baissé de 0,5 % au mois de mai, et la chute des commandes de véhicules particuliers est importante. Comme en Allemagne, l’apport du commerce extérieur s’affaiblit. Les efforts de réduction de la dépense publique et du déficit ont un impact négatif sur la croissance, alors que la désinflation réduit l’encaissement des impôts, notamment la TVA.

L’économie du Royaume-Uni est relativement résiliente. Elle demeure toujours très dépendante de la conjoncture européenne : son PIB devrait néanmoins progresser de +0,9 % au second trimestre 2025, un chiffre intermédiaire entre la zone euro (0,4 % - 0,5 %) et les États-Unis (+1,7 %). Les contributions à la croissance de l’investissement des entreprises et des dépenses publiques sont particulièrement faibles : les efforts de réduction du déficit public pèsent sur la croissance. L’inflation demeure un sujet : elle atteint 3,7 % en rythme annuel fin mai, et 4 % pour sa mesure européenne.

L’économie chinoise reste affaiblie. Elle avait profité au 1er trimestre d’une forte demande des États-Unis dans l’anticipation de la forte hausse des droits de douane. La croissance du PIB est attendue à +4,9 % au second trimestre, après +5,4 % au premier. La consommation résiste : les ventes au détail ont fortement progressé. Les ventes de biens ciblés par le nouveau plan de relance ont flambé (électroménager : +53 %, appareils de communication +33 %). Le secteur immobilier reste en crise, et les tensions commerciales accrues avec les États-Unis et dans une moindre mesure l’Europe, affectent la croissance. En revanche, le commerce extérieur est très dynamique : pour le second trimestre, le consensus attend une baisse de -1,4 % des importations, et une hausse de +4 % des exportations.

Les cours du pétrole ont été très volatiles, en raison des bombardements américains des sites nucléaires iraniens, et du conflit ouvert entre l’Iran et l’Etat hébreu. Malgré cet important stress géopolitique, le cours du Brent s’établit à 66 $ le baril fin juin : son niveau était à 20 $ de plus il y a un an. Cette évolution reflète la faiblesse de la demande, affectée par le ralentissement économique mondial, et une offre toujours abondante.