2020 Rapport Financier Annuel

Chapitre 5. Commentaires sur l’exercice

C’est la Grande Bretagne qui a subi la plus forte baisse d’activité en 2020, avec - 11,1 %. Le déni initial des politiques s’est traduit par un retard dans le confinement, qui a été donc moins efficace d’un point de vue sanitaire et a coûté cher en termes économiques. De plus, il semble que l’incertitude liée aux négociations tendues avec l’Union européenne sur les conditions du Brexit aient eu un impact économique défavorable. Comme partout ailleurs, la Banque Centrale a mis en œuvre une politique monétaire très expansionniste, fondée sur la monétisation de la dette publique : l’État britannique a désormais un compte ouvert à la Banque Centrale, c e qui lui permet de se financer directement.

L’économie japonaise a connu une baisse d’activité limitée à 5,3 %. La rigueur et l’efficacité des mesures sanitaires prises ont permis de mieux contrôler l’épidémie au premier semestre, et de limiter son impact économique. Par ailleurs, sa forte dépendance de la Chine et de la zone asiatique en général a été un atout pour compenser le choc de l’arrêt du printemps.

Seule la Chine a connu une hausse de son PIB en 2020 : + 2 %. Il apparaît que le système en place a permis de mettre en œuvre des mesures sanitaires particulièrement strictes mais efficaces, puisqu’en fin d’année l’épidémie semblait totalement éradiquée. Par ailleurs, l’économie chinoise a bénéficié au second semestre de la demande des pays développés, qui ont dû arrêter plus longtemps leur appareil productif. L’excédent commercial chinois a ainsi atteint un record en 2020 et a contribué à limiter l’impact de la crise sanitaire qui a été subie essentiellement au premier trimestre.

Le cours du pétrole a suivi les évolutions de la conjoncture économique. Sa baisse a été amplifiée au premier trimestre par la mésentente entre l’Arabie Saoudite et la Russie sur la limitation de leur production. Le rebond à partir de la mi-mars a ensuite permis au cours du pétrole de dépasser le seuil de 50 dollars en fin d’année, mais il demeure en retrait sur un an.

Dans ce contexte, les prévisions de progression des dépenses publicitaires ont été actualisées plusieurs fois au cours de l’année 2020 pour prendre en compte les évolutions de la crise sanitaire. Au deuxième trimestre, Zenith estimait ainsi que les dépenses publicitaires en 2020 seraient en baisse de 9,1 %, à peu près en ligne avec l’évolution observée lors de la crise précédente de 2009. Les dernières prévisions de Zenith, communiquées en décembre 2020, ont fait état d’une baisse attendue de 7,5 % pour l’année, soit mieux qu’anticipé initialement. Zenith estime ainsi que le choc des dépenses publicitaires traditionnelles a été partiellement compensé par la croissance du digital, elle-même portée par le fort développement de
l’e-commerce. En 2020, la part du digital est estimée à 52 % des dépenses publicitaires, une évolution significative par rapport aux 48 % de 2019. Les dépenses sur le digital dépassent ainsi pour la première fois l’ensemble des dépenses sur les autres canaux.

Cette évolution brutale marque ainsi une accélération des tendances que la révolution numérique a engendrées, tout autant en termes de relation des marques avec les médias qu’av ec leurs consommateurs. Dans ce contexte, la transformation que le Groupe a initiée il y a plusieurs années s’est révélée être un véritable atout.

Ainsi, en 2020, Publicis a pu rapidement mettre en place les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de ses collaborateurs et être un partenaire stratégique pour ses clients afin de réduire l’impact de la crise. En premier lieu, en préservant la force de ses collaborateurs, en mettant l’accent sur leur sécurité et leur bien-être psychologique, en réinventant les moyens de travailler ensemble, et en accélérant son agenda Diversité, Égalité et Inclusion. En deuxième lieu, en contribuant au succès de ses clients dans un monde dominé par les plateformes, en leur apportant des véritables identités, une création disruptive, des médias intelligents et des canaux directs vers leurs consommateurs, afin d’assurer leur croissance et celle du Groupe . Et en troisième lieu, en continuant à améliorer son efficacité, tirant parti de sa structure unique pour maintenir les meilleurs ratios financiers.

En 2020, le revenu net du Groupe est de 9 712 millions d’euros et se compare à 9 800 millions en 2019, en diminution de 0,9 % en publié et de 6,3 % en organique.

La marge opérationnelle ressort à 1 558 millions d’euros, en baisse de 6,1 %, résultant en un taux de marge opérationnelle de 16,0 %, en baisse de 90 points de base par rapport à 2019. Hors coûts de transactions liés à Epsilon en 2019, la marge diminue de 8,3 %.

Le résultat net du Groupe en 2020 s’établit à 576 millions d’euros à comparer à 841 millions d’euros en 2019.

Le résultat net courant (tel que défini dans la note 10 des comptes consolidés) s’ établit à
1 034 millions d’euros, par rapport à 1 188 millions d’euros en 2019. Le résultat net courant dilué par action s’élève à 4,27 euros, en baisse de 14,9 % par rapport à celui de 2019.

Au 31 décembre 2020, le bilan fait ressortir un endettement financier net de 833 millions d’euros qui se compare à une dette de 2 713 millions d’euros au 31 décembre 2019. L’endettement financier net moyen s’établit à 3 286 millions d’euros en 2020 ; il s’élevait à
2 375 millions d’euros en 2019.

Le dividende qui sera proposé à l’Assemblée générale des actionnaires du 26 mai 2021 est de 2,00 euros par action. Rapporté au bénéfice net par action courant dilué, il représente un taux de distribution de 46,8 %, au-dessus du niveau constaté avant la pandémie. Sous réserve de l’approbation de l’Assemblée générale, la mise en paiement du dividende en numéraire ou en actions, sur option des porteurs, se fera le 6 juillet 2021.